Atteindre une grande proximité avec Dieu

Publié le par ibnhazm

Atteindre une grande proximité avec Dieu

 

Le Prophète (sur lui la paix) a relaté que Dieu a dit :

"Celui qui a de l'inimitié pour un ami à Moi, Je lui déclare la guerre. Le serviteur ne peut se rapprocher de Moi par quelque chose qui Me soit plus aimée que ce que J'ai rendu obligatoire sur lui. Et le serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par les actions facultatives, jusqu'à ce que Je l'aime ; alors, lorsque Je l'aime, Je deviens son ouïe par laquelle il entend, sa vue par laquelle il voit, sa main par laquelle il attrape et son pied par lequel il marche ; s'il Me demande quelque chose, Je la lui accorderai, et s'Il Me demande Ma protection, Je la lui donnerai" (Rapporté par Al-Bukhârî, n° 6137).

Deux choses sont à noter ici...

La première est que ce Hadîth souligne bien se rapprocher de Dieu se fait en priorité par la pratique de ce que Dieu a rendu obligatoire pour l'homme : les actions obligatoires – comme les cinq prières chaque jour, précédées des ablutions voulues, la zakâte donnée aux nécessiteux, le jeûne du mois de ramadan chaque années, le pèlerinage une fois dans la vie – constituent non des actes à faire de façon ritualiste mais le minimum fixé par Dieu pour que chaque homme puisse entretenir avec Lui une relation digne de ce nom ; ces actions doivent être faites, pour reprendre la formule du soufi Fudhayl ibn 'Iyâdh, "conformément au cadre fourni par la révélation et avec sincérité" ("aswabahû wa akhlassahû").

Ce que le Prophète a relaté de Dieu dans ce Hadîth qudsî rappelle que c'est une fois ce minimum obligatoire accompli parfaitement et de façon non ritualiste que le facultatif prend un sens ; et que c'est, au-delà du seul minimum obligatoire, la pratique de ce qui, justement, est facultatif qui conférera un rapprochement plus intime encore avec Dieu.

Le second point qu'il faut ici comprendre est le suivant : "Devenir son ouïe, sa vue, sa main et son pied" ne signifie ni une union de nature avec Dieu ni une fusion en Lui : ni que l'homme ayant atteint une grande proximité par rapport à Dieu devienne divin, ni que Dieu s'incarne en cet homme : une lecture attentive du texte du Hadîth le prouve, puisque cet homme est toujours amené à demander à Dieu ce dont il a besoin : c'est bien la preuve qu'il n'y a pas union ou fusion. En fait les termes "devenir son ouïe, sa vue, sa main et son pied" désignent une union de volonté : le cœur de cet homme se met alors à être attiré essentiellement par ce que Dieu agrée.

Le fait est qu'un "cœur spirituel" qui a acquis une grande proximité avec Dieu ressent de l'aversion pour les choses qui sont nocives à la spiritualité ou à la société – aversion dont il vérifie bien sûr systématiquement le bien-fondé par la référence à la Parole de Dieu et aux paroles de Son Messager. L'homme ayant acquis la grande proximité dont parle ce Hadîth qudsî dispose donc d'un cœur proche de Dieu, et, en tant que tel, ne ressent plus d'attirance qu'essentiellement pour écouter les paroles que Dieu agrée, regarder les choses que Dieu agrée, toucher ce que Dieu agrée et aller là où Dieu agrée. Cet homme ne devient pas un ange ; il reste un humain, qui a ses faiblesses et auquel il arrive donc de faire, par son ouïe, sa vue, sa main ou son pied, ce que Dieu n'agrée pas ; mais ce que le Hadîth veut dire c'est que la plus grande partie des actions qu'il fait avec ces membres sont, par la Grâce de Dieu, orientés vers le bien ; et quand il lui arrive de faire un péché par l'un de ces membres, son cœur s'afflige au point qu'il ne trouve la sérénité qu'après s'être repenti à Dieu. "Lorsque le bien que tu fais te rend heureux et le mal que tu fais t'afflige, alors tu es croyant [à la foi parfaite]" (Rapporté par Ahmad, n° 21662).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

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Publié dans Leur Preuves

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