L'âme du Prophète assiste-t-elle à des assemblées d'invocation ?
L'âme du Prophète assiste-t-elle à des assemblées d'invocation ?
Question (posée oralement) :
Ma croyance est que l'âme du Prophète (sur lui la paix) se déplace dans le monde des vivants, qu'elle se rend auprès de la Kaaba et qu'elle vient assister à des séances de dhikr etc. Si on a un cœur vivant, on ressent la présence du Prophète près de nous quand on le salue en lui disant : "As-salâmu 'alayka ayyuha-n-nabî".
Ma croyance est que l'âme du Prophète (sur lui la paix) se déplace dans le monde des vivants, qu'elle se rend auprès de la Kaaba et qu'elle vient assister à des séances de dhikr etc. Si on a un cœur vivant, on ressent la présence du Prophète près de nous quand on le salue en lui disant : "As-salâmu 'alayka ayyuha-n-nabî".
Plusieurs choses prouvent que l'âme du Prophète est présente auprès de nous… Premièrement le Prophète est vivant dans sa tombe. Deuxième chose : lorsqu'on récite la formule du tashahhud pendant la prière rituelle, on y dit tous : "As-salâmu 'alayka ayyuha-n-nabiyyu" avec le "kâf ul-khitâb". Pourquoi dit-on "La paix soit sur toi, ô Prophète" sinon parce que le Prophète est présent ? La troisième chose est que le Prophète a lui-même rencontré les autres prophètes lors son voyage nocturne (al-isrâ' wal-mi'râj) : n'est-ce pas une preuve qu'on peut rencontrer les âmes des défunts ? La quatrième est le Hadîth où le Prophète (sur lui la paix) dit : "C'est comme si je voyais Moïse descendant du col [de cette vallée] en émettant une voix vers Dieu par la talbiya". Plus tard et dans une autre vallée, le Prophète dit une chose voisine à propos du prophète Jonas (rapporté par Muslim, n° 166). Enfin, cinquièmement, je connais des personnes qui m'ont dit avoir médité face à la tombe du Prophète, une autre fois près de la tombe de pieux personnages, et, à chaque fois, elles racontent avoir vu, pendant leur méditation, quelqu'un sortir de la tombe. Vous ne voyez pas qu'il s'agit bien de l'âme du défunt, qui vient à la rencontre de la personne qui médite ?
Réponse :
Vous avez évoqué différents points, nous allons les traiter l'un après l'autre…
A) Le Prophète est-il vivant ou est-il mort ?
A) Le Prophète est-il vivant ou est-il mort ?
Le Prophète a bien connu la mort. Abû Bakr n'avait-il pas dit, près du corps du Prophète : "Quant à la mort qui t'avait été prédestinée, tu l'as connue" (Rapporté par Al-Bukhârî, n° 1185) ? N'avait-il pas dit ensuite aux gens : "Celui qui adorait Muhammad, qu'il sache que Muhammad est mort. Et celui qui adorait Dieu, alors Dieu est vivant et ne meurt jamais" (Rapporté par Al-Bukhârî, n° 3467) ? Dieu lui-même dit : "Tu mourras et eux (aussi) mourront. Puis vous vous disputerez le jour du jugement auprès de votre Seigneur" (Qor'an). "Muhammad n'est qu'un messager. Les messagers ont déjà passé avant lui. Si donc il mourrait ou était tué, retournerez-vous sur vos talons ?" (Qor'an).
D'un autre côté le Prophète a dit : "Les prophètes sont vivants dans leur tombe, ils prient" (Authentifié par Al-Albânî, As-Sahîha, n° 621, voir aussi Al-Fat'h, Ibn Hajar, tome 6 pp. 594-595).
Comment comprendre ce Hadîth par rapport au fait que le Prophète a bien connu la mort ?
Et quelle est la spécificité du Prophète quand on sait que tous les défunts connaissent une forme de vie après la mort, la vie du barzakh : le Prophète n'a-t-il pas dit que l'âme du défunt est ramenée à son corps (Abû Dâoûd n° 4753, Ahmad n° 17803), Ibn Qayyim ayant relaté que cela se passe juste après l'enterrement de ce corps (Ar-Rûh, p. 97) ? Cela ne signifie certes pas que, lors de ce moment ici décrit, le défunt revienne à la vie telle qu'il la connaissait sur terre ; mais cela signifie que, lors de ce moment, dans le lien subsistant après la mort entre l'âme et le corps, un changement se produit par rapport au moment qui avait suivi la mort et qui précède le moment ici décrit (Ar-Rûh, pp. 39-43). En tous cas, si tous les défunts connaissent une forme de vie après la mort, quelle est la spécificité du Prophète à ce sujet ?
Et que dire de cet autre Hadîth, celui où le Prophète, parlant du moment où il sera mort, a dit : "Chaque fois qu'une personne me saluera, Dieu me rendra mon âme pour que je rende à cette personne sa salutation" (rapporté par Abû Dâoûd, n° 2041) ? Etant donné qu'il y est question d'un retour de l'âme, cela ne signifie-t-il pas que le Prophète n'aura alors plus de vie ? Et puis quelle est la particularité du Prophète quand on sait qu'un autre Hadîth dit : "Chaque fois qu'un homme se rend sur la tombe d'un homme qu'il connaissait en ce monde et le salue, Dieu rend son âme au défunt afin qu'il réponde à son salut" (Authentifié par Ibn 'Abd il-barr, cf. Al-Iqtidhâ, p. 301).
Cheikh Manzûr an-Nu'mânî a fait de ces différents textes la synthèse suivante : la vie dont les prophètes bénéficient dans leur tombe est quelque chose de particulier : elle est différente à la fois de la vie de ce monde (que les prophètes n'ont plus puisqu'ils ont connu la mort) et de la vie que tous les défunts connaissent après leur mort (puisque d'une part les autres défunts aussi ont alors une forme de vie et d'autre part "les prophètes sont vivants dans leur tombe") (cf. Mas'ala-é hayât un-nabî kî haqîqat, p. 12). Dans une autre parole, le Prophète a dit : "Dieu a interdit à la terre de ronger le corps des Prophètes" (Rapporté par Abû Dâoûd, n° 1047) ; ceci constitue-t-il un effet ou bien une cause de cette vie particulière que les prophètes connaissent dans leur tombe ? Je ne sais pas.
Quant au Hadîth où le Prophète a dit : "Chaque fois qu'une personne me saluera, Dieu me rendra mon âme pour que je rende à cette personne sa salutation", en fait ici "rûhî" ne signifie pas "mon âme" mais : "mon attention" : celle-ci se tourne alors vers la salutation retransmise par les anges (Fat'h ul-bârî, tome 6 p. 596). Il faudrait donc plutôt traduire par : "Chaque fois qu'une personne me saluera, Dieu fera que mon attention se tourne de nouveau (vers cette salutation) pour que je rende à cette personne sa salutation". Sur ce point il n'y a pas de différence entre le Prophète et les autres croyants quant au fait de répondre aux salutations que leur adressent des vivants (comme le montre le Hadîth que nous avons cité plus haut.
Rien dans tout cela n'indique que les âmes des prophètes sont présentes parmi nous et qu'il s'agit de ressentir leur présence.
B) La formule du tashahhud :
Il est certain que la formule du tashahhud emploie les termes "La paix soit sur toi ô Prophète, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions". Mais cette formulation signifie-t-elle que l'âme du Prophète est présente quand on prie ?
Déjà il faut ici relever que Ibn Mas'ûd disait : "Tant que le Prophète était parmi nous nous disions : "As-salâmu 'alayka ayyuha-n-nabî" mais après son décès nous dîmes : "As-salâmu 'ala-n-nabî" (Rapporté par Al-Bukhârî, n° 5910, Ahmad, n° 3739 : voir Al-Fat'h, commentaire de ce Hadîth : y sont mentionnés d'autres recueils de Hadîth ayant eux aussi rapporté cela).
Déjà il faut ici relever que Ibn Mas'ûd disait : "Tant que le Prophète était parmi nous nous disions : "As-salâmu 'alayka ayyuha-n-nabî" mais après son décès nous dîmes : "As-salâmu 'ala-n-nabî" (Rapporté par Al-Bukhârî, n° 5910, Ahmad, n° 3739 : voir Al-Fat'h, commentaire de ce Hadîth : y sont mentionnés d'autres recueils de Hadîth ayant eux aussi rapporté cela).
Al-Albânî est ainsi d'avis que c'est cela qu'il s'agit de dire dans la formule de la tashahhud : "As-salâmu 'ala-n-nabî wa rahmatullâhi wa barakâtuh" : "Que la paix soit sur le Prophète ainsi que la miséricorde de Dieu et ses bénédictions" (Sifatu salât in-nabî, pp. 126-127, note de bas de page). Il relate que Aïcha aussi enseignait le tashahhud avec la même formule que Ibn Mas'ûd.
Certes, même en ce qui concerne la période ayant suivi le décès du Prophète, la très grande majorité des savants n'ont malgré tout pas rendu obligatoire de dire "Que la paix soit sur le Prophète" au lieu de "Que la paix soit sur toi, ô Prophète". Ibn Hajar écrit : "As-Subkî a écrit dans Shar'h ul-minhâj : "Si cela est établi de façon authentique de la part des Compagnons, cela indique que l'emploi du pronom à la seconde personne dans la formule du salâm après (le vivant du Prophète) n'est pas obligatoire ; il sera dit : "As-salâmu 'ala-n-nabî"." Je dirai : "Cela est prouvé de façon authentique sans aucun doute..." " (Al-Fat'h, commentaire du Hadîth n° 797). Voyez : il a écrit que l'emploi du nom ("As-salâmu 'ala-n-nabî") au lieu du pronom à la deuxième personne ("As-salâmu 'alayka ayyuha-n-nabî") est légale et permise. Il est vrai qu'il s'agit seulement d'une permission et non d'une obligation, et on retombe donc sur la question du début : comment expliquer que, de toute façon, il soit légal de dire : "Que la paix soit sur toi ô Prophète" : cela ne veut-il pas dire que le Prophète est présent au moment où on prie, au point que l'on puisse s'adresser à lui par un pronom à la seconde personne ?
La réponse est donnée par Ibn Taymiyya : "Celui qui fait la prière dit "Que la paix soit sur toi ô Prophète, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions" : l'être humain fait souvent ainsi : il s'adresse à celui qu'il se représente mentalement, bien que celui-ci ne soit pas présent dans la réalité" (Al-Iqtidhâ, p. 381). Quand on est en proie à une difficulté qu'a entraînée un acte personnel qu'un proche nous avait pourtant déconseillé d'entreprendre, on se dit ainsi, bien que l'on soit seul chez soi : "Salim, Salim, tu avais raison ! J'aurais dû t'écouter et suivre ton conseil !" : Salim est absent, mais on se le représente mentalement. Ibn Taymiyya explique que c'est pour la même raison que, au Compagnon venu lui demander d'invoquer Dieu pour qu'Il le guérisse de sa mauvaise vue, le Prophète dit d'aller faire ses ablutions, d'invoquer lui aussi Dieu et de dire : "O Dieu, je Te demande et me tourne vers toi par (l'invocation et l'intercession de) Ton Prophète Muhammad, le prophète de la miséricorde" et "O Muhammad, ô Messager de Dieu, je me tourner par ton (intercession) vers mon Seigneur pour qu'Il satisfasse le besoin que j'ai. O Dieu, accepte son intercession en ma faveur" (Ibid.). (Voir aussi Minhâj as-sunna an-nabawiyya, tome 2 p. 117).
On emploie donc le pronom à la seconde personne non pas parce qu'on s'adresserait à quelqu'un dont l'âme est présente près de nous, mais parce qu'on se le représente mentalement.
C) La rencontre entre le Prophète – alors encore vivant – et les autres prophètes – alors déjà tous décédés à l'exception de l'un d'eux – lors de l'ascension nocturne :
Dans les Hadîths il est certes fait mention de la nuit du voyage nocturne (al-isrâ' wal-mi'râj) : mis à part Jésus fils de Marie, ce sont les âmes des prophètes seulement qui se sont rendues cette nuit-là à la rencontre du Prophète voyageant en compagnie de l'ange Gabriel ; quant à leur corps, ils sont restés dans leur tombe (Zâd ul-ma'âd, tome 3 p. 41). Certes. Mais il ne faut pas oublier que le Prophète lui-même n'était cette nuit-là pas dans la dimension purement physique dans laquelle nous évoluons (Hujjat ullâh il-bâligha, tome 2 p. 560). Il n'y a donc ici non plus pas une preuve de l'idée que les âmes des prophètes voyageraient dans le monde physique et viendraient à la rencontre des vivants.
D) Le Hadîth concernant Moïse et Jonas (sur eux soit la paix) :
Pour ce qui est du Hadîth : "C'est comme si je voyais Moïse descendant du col [de cette vallée] en émettant une voix vers Dieu par la talbiya", le Prophète a en fait voulu dire que Dieu lui a fait voir la scène qui s'est passée quand Moïse (sur lui la paix), lors de son vivant, passa par cette vallée pour se rendre en pèlerinage (c'est une des interprétations relatées par An-Nawawî dans Shar'h Muslim ; Ibn Hajar a écrit des choses voisines dans Fat'h ul-bârî, tome 6 p. 594). C'est bien pourquoi le Prophète a dit : "C'est comme si je voyais..." et non : "Je vois…".
E) Voir des personnes sortir de tombes :
Dire que cela est faux est erroné : de nombreuses personnes ont effectivement fait ce genre d'expérience. Mais dire que cela prouve que c'est bien l'âme du défunt qui nous a rendu visite est aussi erroné. Il s'agit en fait de djinns.
"Il se passe auprès des tombes ce dont on pense que cela vient du défunt : certaines gens y entendent des appels, ou bien voient que la tombe s'ouvre, qu'une personne en sort, qu'elle leur parle et leur donne l'accolade ; cela se produit auprès de tombes de prophètes et d'autres personnes. Ce qu'on entend ou ce qu'on voit alors est le fait de djinns ; ils peuvent prendre l'apparence d'humains, et certains prétendent alors être le prophète Untel ou le cheikh Untel. (…) L'ignorant croit qu'il s'agit effectivement de cet Untel. Par contre, le croyant dont la foi est profonde sait qu'il s'agit d'un mauvais djinn ; on peut le prouver par plusieurs choses : - en récitant alors le verset du Trône avec sincérité : la personne qu'on voyait disparaît alors ; or s'il s'agissait réellement de l'âme d'un homme pieux, d'un age ou d'un djinn pieux, la récitation du verset du Trône ne lui ferait aucun mal, car elle ne fait du tort qu'aux mauvais djinns comme le prouve le Hadîth (…) ; - en récitant la formule de demande de protection à Dieu contre les démons". Ibn Taymiyya donne d'autres solutions du même ordre, et écrit qu'il n'y a rien d'étonnant à ce que des djinns se manifestent ainsi auprès de croyants en tentant de les perturber durant leurs actes de dévotion à Dieu : un djinn a voulu perturber l'acte de dévotion que le Prophète lui-même offrait : le Prophète l'a raconté (voir ce qu'a rapporté Al-Bukhârî n°449 , Muslim n° 541) (cf. Qâ'ïda jalîla fit-tawassul wal-wassîla, p. 40). D'une façon générale et non pas seulement auprès des tombes, "il arrive que des gens voient une apparition et que celle-ci leur dise : "Je suis le Prophète Abraham" ou : "Je suis le Messie" ou : "Je suis le prophète Muhammad" ou : "Je suis Al-Khidr" ou : "Je suis Abû Bakr" ou : "Je suis Omar" ou : "Je suis Uthmân" ou : "Je suis 'Alî" ou : "Je suis le Cheikh Untel". Il arrive aussi que plusieurs êtres apparaissent et que l'un dise de l'autre : "Lui c'est le prophète Untel" ou : "Lui c'est Al-Khidr". Il s'agit en fait de djinns" (Ibid., p. 29). "Le Prophète a certes dit dans une parole authentique : "Celui qui me voit en rêve, c'est moi qu'il a vu réellement. Le diable ne peut pas prendre ma forme" [rapporté par Al-Bukhârî n° 6593, Muslim n°2266]. Cependant il y est question de l'état de sommeil, quand on voit alors un rêve : la règle générale est que le rêve pendant le sommeil est parfois véridique et est parfois l'œuvre du diable ; mais Dieu a empêché le diable de prendre la forme du Prophète lors des rêves (que les hommes voient). Par contre, pour ce qui est de l'état de veille, personne ne peut plus voir le Prophète en personne dans ce monde" (Ibid., p. 44). Ibn Taymiyya relate qu'il est même arrivé que des gens le connaissant aient demandé leur aide, à lui ainsi qu'à d'autres personnages, alors qu'ils n'étaient pas présent [chose qui est bien sûr interdite mais qu'ils ont faite quand même] ; ces gens les ont vus apparaître et faire ce pour quoi ils leur avaient demandé leur aide. "Lorsque ces personnes m'ont raconté cela, poursuit Ibn Taymiyya, je leur ai expliqué qu'il ne s'agissait que de djinns qui avaient pris ma forme ainsi que celle des cheikhs invoqués afin de leur croire qu'il s'agit de miracles que nous aurions effectués et de renforcer chez elles la conviction qu'il faut continuer à demander cette aide interdite. C'est là une des plus grandes causes du shirk" (Ibid., p. 200).
Il y a des gens, écrit en substance Ibn Taymiyya, qui disent de ce genre de visions près des tombes qu'elles sont juste des produits de l'esprit, sans réalité. Puis, lorsque ce genre d'expériences leur arrive à eux, ils se mettent à croire que non seulement cela est réel mais qu'en plus cela témoigne de la nécessité d'avoir recours à ce genre d'invocations faites à des défunts ; et parfois il arrive aussi que ces gens-là se mettent alors à considérer le défunt comme un saint, un modèle à suivre, alors que ce défunt n'était même pas croyant. Il s'agit en fait de deux extrêmes. En réalité ce genre d'apparition est réel ; mais elles sont le fait de djinns et il ne s'agit pas du défunt ; et puis il est contraire au monothéisme que d'invoquer autre que Dieu (d'après Qâ'ïda jalîla fit-tawassul wal-wassîla, p. 46, p. 48).
Conclusion :
D'une part il n'est pas prouvé que l'âme du Prophète voyage dans le monde dans lequel nous évoluons. D'autre part Dieu ne nous a pas demandé de chercher à entrer en contact avec l'âme du Prophète. Le Prophète n'a pas enseigné cela et les Compagnons n'ont pas cherché non plus à le réaliser. Ce qui nous est demandé c'est de nous mettre en communion avec Dieu, et de chercher à le faire en suivant le sentier que le Prophète a tracé et que ses Compagnons ont suivi. C'est là, je crois, l'authentique spiritualité musulmane. Et c'est là le soufisme authentique.
Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).
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